Les agriculteurs mécontents ont bloqué la RD 438, hier après-midi, après un coup de force dans les stations-service des grande surfaces de la ville du député Michel.
Autres revendications, mêmes moyens de pression ! Les agriculteurs du secteur de Héricourt / Villersexel, mécontents de la hausse du prix du gasoil ont affiché clairement leur mécontentement au cours de la journée d'hier. Comme on l'aura vu dans d'autres conflits engageant le secteur agricole face aux pouvoirs publics, les exploitants agricoles des environs de la cité du député Michel se sont tout d'abord rendus dans les grandes surfaces de la ville. Ils ont décidé en matinée d'opérer un blocus des pompes à essence, sur lesquelles leurs foudres s'étaient portées en particulier.
Syndicats unanimes
Comme l'expliquait hier un manifestant, « nous aussi nous sommes victimes de cette hausse ! En plus, on se moque de nous. Nous obtenons une baisse de quinze centimes, mais on nous annonce, en parallèle, une nouvelle hausse de quinze centimes dans les semaines qui viennent ! Pour qui nous prend-on ? ». Unanimes, tous les syndicats agricoles étaient représentés hier à Héricourt : la FDSEA, le CDJA et la FDPL. Après les actions de la matinée, les agriculteurs se sont rendus comme d'autres années auparavant au rond-point de Saint-Valbert. Là, ils ont filtré les véhicules en établissant un barrage mobile tous les quarts d'heure.
Les automobilistes, pas toujours contents et souvent pressés, ont tout de même, dans leur ensemble, pris leur mal en patience. « La hausse du gasoil touche aussi les particuliers », commentait à même le barrage un des agriculteurs en colère. « Nos tracteurs consomment ! Mais d'autres produits vont augmenter si les prix du fuel grimpent en flèche : les engrais, la fabrication des aliments pour animaux nécessitent de brûler du fuel ; ils vont, eux aussi, voir leurs prix monter ! », assurent les agriculteurs. « Par contre, le prix du blé baisse, la viande ne vaut plus rien : on nous achète le tout pour une misère ! ». Parmi les renvendications, on relèvera « une détaxe effective du gasoil », avec un prix souhaité au même niveau que celui du début d'année dernière. « On nous demande de produire au coût mondial, mais on paie le litre de gasoil à 3,40 F, alors qu'à la même époque, en 1999, il était à 1,70 F ! 100 % d'augmentation en un an, ça rime à quoi ? » s'insurge cet autre manifestant. Les agriculteurs semblaient fortement déterminés à faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir l'acceptation de leurs revendications. D'autres actions étaient annoncées pour la soirée ou pour la nuit, dans le secteur est de la Haute-Saône.
L'axe Lure / Héricourt a connu des perturbations hier après-midi, en raison d'un barrage filtrant mis en place au rond-point de Saint-Valbert.
Jean-Stéphane Arnold











