Hier, les agriculteurs ont bloqué 25 stations-service et le dépôt de carburant de Noidans pour protester contre la hausse du prix du fioul agricole. Ils ont aussi mis en place un barrage filtrant sur la N 19 et muré la porte de l'Hôtel des finances à Gray.
ENTRE 500 et 600 agriculteurs, selon Michel Renevier, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA), se sont mobilisés hier pour protester contre la hausse du prix du fioul. Ils ont bloqué près de 25 des plus importantes stations-service du département ainsi que le dépôt de carburant de Noidans-lès-Vesoul. Selon Thierry Chalmin, président de la Fédération départementale des producteurs de lait (FDPL), les quelques stations-service de Vesoul qui n'avaient pas été touchées ne disposaient plus hier soir que du carburant réquisitionné par la préfecture (voir encadré). Par ailleurs, la porte principale de l'Hôtel des finances à Gray a été murée en début d'après-midi. Les agriculteurs des cantons de Lure, Noroy-le-Bourg et Saulx-de-Vesoul avaient mis en place dès 11 h un barrage filtrant sur la N19 à Velleminfroy, au lieu-dit Château-Grenouille. Ils distribuaient des tracts contre ce qu'ils estiment être un « racket fiscal»; comme jeudi dernier, ils ont aussi fait signer une pétition aux automobilistes. La circulation a été fortement ralentie toute la journée.
Du simple au double
Le fioul agricole, utilisé comme carburant, coûtait 1,70 F pendant l'été 99 et avait déjà atteint 3,35 F lundi dernier. Selon les agriculteurs, la baisse de 15 centimes annoncée la semaine dernière est loin d'être suffisante. La FDSEA réclame la suppression pure et simple de la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), qui s'élève à 51 centimes pour le fioul agricole. Gérard Blondé, responsable cantonal de la FDSEA pour le secteur de Lure, estimait hier qu'une exploitation haut-saônoise de taille moyenne consomme autour de 10 000 litres de fioul par an. Pour sa propre exploitation, il chiffre à un peu moins de 10 000 F le surcoût causé par la hausse du prix du carburant depuis un an. Mais faire le plein des machines agricoles n'est pas le seul souci des agriculteurs. « Nous craignons d'être également touchés par une hausse des prix des produits que nous achetons, comme les engrais ou les aliments pour bétail. Tout se transporte et la hausse des prix des carburants pourrait être répercutée », estime Michel Daguenet, vice-président de la FDLP, avant d'ajouter : « A la vente, même chose : le coût de livraison de nos produits risque de grimper aussi.» Pour décider des suites à donner à leur action, les agriculteurs attendaient hier soir des nouvelles des négociations entreprises entre les transporteurs routiers et le gouvernement. Une partie d'entre eux s'était aussi donnée rendez-vous à 21 h près d'un supermarché de Lure, ville qui avait jusque là échappé aux blocages de stations-service.
Hier à partir de 11 h, des agriculteurs ont établi un barrage filtrant sur la N 19 entre Lure et Vesoul, à hauteur de Château- Grenouille.
Guillaume Minaux











