Le conflit semble proche entre un certain nombre de professeurs de l'Ecole nationale de musique du pays de Montbéliard et leur directeur, Jacques Clos. Une trentaine d'enseignants a manifesté hier en musique au siège de la communauté d'agglomération, organisme de tutelle de l'ENM.
LE SYNDICAT FO, qui regroupe 20 enseignants, soit le tiers de l'effectif, avait déposé un préavis de grève pour hier lundi, jour de pré-rentrée. Le bât blesse depuis de nombreux mois en fait entre la direction, ces professeurs et d'autres non syndiqués qui reprochent le fonctionnement administratif du conservatoire, certaines orientations pédagogiques et d'importants problèmes relationnels avec le directeur. Arrivé voici six ans en remplacement d'Alain Myotte-Duquet, Jacques Clos est donc, semble-t-il, au centre de la polémique.
« On ne nous écoute pas »
Premier point qui semble passer de moins en moins bien : le projet d'établissement. Pour Gilles Pomorsky, professeur de clarinette et syndiqué FO, ce projet « ne s'inscrit pas dans le cadre d'une école nationale de musique ». « Il est trop décalé et ne tient pas compte du contexte local. De plus, il est imposé par le directeur.» D'autres professeurs sont plus explicites. Tous notent l'absence de concertation sous couvert de l'organisation de réunions où seul la direction s'exprime. « Ce sont des monologues, on ne nous écoute pas, les choses sont arrêtées par avance. On nous met désormais à chaque fois devant le fait accompli... » Projet d'établissement inadéquat car volontairement élitaire, soulignent les grévistes. Olivier Bello, professeur de guitare explique : « Cage, Bério, Ligeti : tous ces projets autour de la musique contemporaine ne cadrent pas dans un Pays de Montbéliard où l'on ne connaît même pas la 40e symphonie de Mozart... Le projet autour du contemporain ne va pas dans l'intérêt des élèves et du recrutement de l'école.» D'autres y voient une progression pédagogique pas respectée voire inadaptée.
Manque de concertation
Les professeurs s'inquiètent également de la baisse des effectifs. « Certains parents se détournent de l'école et on les comprend », remarque Dominique Bonne, professeur de chant. Les effectifs seraient, toujours selon le syndicat FO, passés en dessous de la barre des 1000 élèves. Et ce pour une soixantaine de professeurs, c'est à dire que cette baisse d'effectifs inquiète les enseignants pour leur avenir. Côté administratif, la méthode de travail de Jacques Clos est jugée également en négatif. « On travaille désormais toujours dans l'urgence dans cette école, estime les enseignants. Sous des apparences de concertation, le directeur impose ses décisions, sans laisser la moindre initiative au personnel.» Le « directeur de la musique pour le Pays de Montbéliard » semble donc en porte à faux avec une bonne partie de ses professeurs. Une situation qui n'est pas arrivée comme cela mais qui s'est dégradée petit à petit. Un premier contact, le 28 août, entre une délégation de professeurs et le président de la Communauté d'agglomération, Louis Souvet, avait permis d'exposer le malaise. Une nouvelle réunion devrait avoir lieu le 28 septembre. « C'est trop tard, estime Jean-Chantal Hoebeke. La rentrée du conservatoire est fixée au 18 septembre. Il faut que les choses bougent avant... » Les professeurs ont été entendus, Bernard Buchholzer, le directeur général des services de la CAPM, leur a proposé le 13 septembre, soit cinq jours avant la rentrée.
Manifestation concert dans le hall de la communauté d'agglo- mération, avenue des Alliés. Avant d'être reçus par la direction générale, des professeurs jouent un divertimento de Mozart pour clarinette et basson.
Alain Roy











