Dominateur malgré les ans et la concurrence, l'Espace s'offre deux nouveaux atouts : une boîte automatique adaptative et un turbodiesel « common rail » de 115 ou 130 ch.
PIONNIER ET LEADER : l'Espace est une espèce rare. Seize ans après sa naissance, le concept n'en finit plus d'être copié et recopié, jusqu'à la caricature d'ailleurs : le futur Avantime... Renault n'est au fond rien d'autre -mais c'est révolutionnaire ! - qu'un Espace coupé. Patrick le Quément, le patron du design, répète à l'envi que Renault doit transgresser les règles existantes dans le haut de gamme pour réussir et effectivement le futur duo Avantime-Vel Satis (remplaçante de la Safrane) risque d'en perturber plus d'un d'ici quelques mois. Ce n'est plus le cas de l'actuel Espace. Définitivement intégré dans le paysage automobile avec près de 800 000 exemplaires produits depuis 1984, le Renault n'interpelle plus le regard et circuler à son bord assure l'incognito. Pas plus que les nouvelles appellations (Authentique, Expression, Privilège, Initiale au lieu de RTE, RXE, RXT et... Initiale), les nouvelles optiques avant (verre lisse), les jantes redessinées, les nouveaux revêtements intérieurs voire le... compte-tours digital posé derrière le volant risquent fort de passer inaperçus mais on imagine que Renault, qui promet pour 2003 une quatrième génération d'Espace entièrement nouvelle, n'a pas envie d'investir trop d'argent dans la version actuelle. Le futur modèle partagera une toute nouvelle plate-forme avec la Vel Satis et la très prochaine Laguna et sa fabrication sera assurée en interne et non plus sous-traitée, comme actuellement, à Matra. Autre différence, plus symbolique, la carrosserie de l'Espace IV ne sera plus en matériau composite comme aujourd'hui mais en classique tôle d'acier.
Pour l'heure, l'Espace veut maintenir la concurrence à distance
Pour l'heure, l'Espace tient avant tout à maintenir la concurrence à distance. Ses deux nouveaux atouts ? Une boîte automatique adaptative -mais pas séquentielle- sur le 2.0 16 V de 140 ch (9 CV) et, surtout, un nouveau 2.2 turbodiesel common rail décliné en deux versions, 115 et 130 ch. On connaît la première : quatre rapports gérés électroniquement et dont les passages sont savamment calculés en fonction du type de conduite. Elle colle parfaitement au deux litres, dont elle exploite plutôt bien les caractéristiques de couple, et l'Espace ainsi gréé est tout de douceur. En attendant un future V6 dCi d'origine Isuzu promis pour 175 ch, le dCi 2.2 est la réponse très directe au 2.2 HDI de PSA Peugeot Citroën. Et la copie presque conforme. Un peu moins puissant (130 ch contre 136) et sensiblement moins coupleux (290 Nm à 1750 t/mn contre 317 Nm à 2000 t/mn), ce quatre cylindres est très proche techniquement de son rival sochalien avec sa culasse seize soupapes, son turbo à géométrie variable et bien sûr son injection directe common rail. Pas de filtre à particules mais Renault jure que son moteur est prêt à affronter les normes antipollution les plus draconiennes.
Le 2.2dCi n'est pas désagréable ; mais on attendait mieux de cette nouvelle mécanique
Au volant, le dCi est sensiblement moins moelleux que son rival d'en face, moins à l'aise à hauts régimes, et somme toute moins agréable, du moins dans la caisse très lourde d'un Grand Espace (1800 kg mini). On jugera dans celle, plus légère, de la prochaine Laguna. Le bilan d'ensemble n'est certes pas négatif -c'est mieux qu'un 806 HDI de 110 ch et le silence général est bon- mais pour tout dire, ce moteur impressionne assez peu et, au jugé, ne domine pas fondamentalement le 2.2 dT à injection indirecte de 110 ch qu'il remplace. Surtout, le gain en consommation est décevant puisque Renault le chiffre très officiellement à 0,4 litre/100. Difficile en tout cas de tomber sous les 9 litres. On attendait mieux du common rail. Pas sûr d'ailleurs qu'il faille systématiquement opter pour la version 130 ch puisque la 115 offre exactement le même couple au même régime et ne s'avoue vaincue que haut dans les tours. Renault estime d'ailleurs qu'à l'exception des hauts de gamme Grand Espace, l'essentiel des ventes devraient se faire en dCi 115 ne serait-ce qu'en raison d'une vignette à 7 CV (au lieu de 8) et d'une économie à l'achat de l'ordre de 5000 F. A noter que le 1.9 dTi de 100 ch reste au tarif (pour le seul « petit » Espace), à partir de 183 000 F soit 9000 F de moins que le premier 2.2 dCi (115 ch). Un dCi 130 ch est affiché entre 213 000 F et 263 000 F, une version 2.0 Proactive entre 191 000 F et 211 000 F. Pour le reste, on l'a vu, Espace et Grand Espace (+17 cm, à 4,79 m) évoluent en douceur. Seul vrai bonus technique, les versions les plus puissantes héritent de quatre disques (plus grands à l'avant) pour un freinage plus puissant et résistant (ABS de série pour tout le monde). Le Grand Espace est effectivement un bon freineur. Sinon les réglages de suspension ne bougent pas mais en avaient-ils besoin ? Grand ou normal, l'Espace reste un des monospaces les plus efficaces sur la route et si les mouvements de caisse existent, ils sont bien maîtrisés. Excellent confort général, modularité légendaire, équipement encore bonifié (et non totalement répercuté dans le prix), habitacle très lumineux. Trois regrets : la finition reste perfectible, la position de conduire est franchement camionnesque et Renault n'a pas encore installé le levier de vitesses sur la planche de bord. Sur le prochain ?
Extérieurement, la gamme Espace/Grand Espace n'évolue que très peu : le dessin des jantes, la présentation des optiques avant, point final. Il est vrai qu'une nouvelle version, totalement différente, est promise pour 2003...
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