Les Journées mondiales de la jeunesse s'ouvriront mardi à Rome. En prologue à ce grand rassemblement, quelque 3000 Français ont été accueillis hier par l'archevêque de Turin.
TROIS MILLE jeunes Français ont ouvert samedi, avec quelques jours d'avance, les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à Turin, dans le Piémont, en Italie, à l'occasion d'une exposition extraordinaire du saint suaire, le linceul qui aurait, selon la tradition, enveloppé le corps du Christ après sa descente de croix.
L'archevêque de Turin, Mgr Severino Poletto, les a accueillis devant la cathédrale et les a accompagné pour contempler avec eux la « relique », abritée dans un espace blindé et ventilé, en suivant un chemin de croix de 600 mètres à travers les jardins du palais royal. En s'adressant aux jeunes Français, auxquels s'étaient joints de petits groupes venant de Pologne, du Canada, de Lituanie et d'Algérie, Mgr Poletto leur a souhaité la bienvenue au nom du pape qu'ils rencontreront dès mardi, jour de l'Assomption, à Rome lorsque s'ouvriront officiellement les JMJ. Le haut prélat a souligné aux jeunes croyants français qu'il n'y a « aucune preuve certaine de l'authenticité du saint suaire » mais qu'il n'y avait pas non plus« des preuves certaines qu'il ne soit pas authentique ». Une datation du saint suaire au carbone 14 réalisée en 1988 le fait remonter au Moyen Age, mais elle n'a pas éteint la controverse sur son authenticité, des scientifiques affirmant que les résultats auraient pu être faussés pour plusieurs raisons. Selon Mgr Poletto, la question principale pour les jeunes n'est pas l'authenticité ou non du suaire mais « de faire ensemble une étape spirituelle sur le parcours des pélerins qui, à l'occasion des Jubilés, traversaient la France pour se rendre à Rome ». « On se moque de savoir si le saint suaire est vrai ou faux. Il nous fait penser au Christ. Le plus important c'est la conversion des coeurs qui passe par le Christ », commente Daniel, 20 ans, étudiant lyonnais de musique et de mathématiques.
Comme un tour de chauffe
La plupart des jeunes Français se sont joints à ce pélerinage menant à Rome dans la foulée de l'expérience des JMJ à Paris il y a trois ans. « C'était génial », rappelle Corinne, 33 ans, la plus âgée du groupe, originaire de Villefranche-sur-Saône, employée chez Danone. Quant à la visite à Turin avant Rome, elle hausse les épaules : « Le saint suaire n'est qu'un symbole. Pour nous c'est comme un tour de chauffe pour la Ferrari ». Les jeunes sont reconnaissants au pape pour leur avoir offert l'occasion de se rassembler, mais rares sont ceux prêts à suivre à la lettre ses recommandations et ses directives, surtout dans le domaine de la morale et de la sexualité. « Le pape donne son opinion. C'est à nous de voir ensuite », affirme Nelly, 16 ans. « C'est grâce au pape qu'on vient. Il est extra !», commente Maroussia, 20 ans, étudiante à Lyon. « Mais il ne faut pas le prendre au premier degré. Il faut réfléchir sur ce qu'il dit mais ne pas l'appliquer à la lettre. Pour moi il est un modèle, un exemple sur lequel réfléchir », dit-elle. Parmi les jeunes Français, plusieurs ne sont pas pratiquants ou se trouvent « en recherche » d'eux-même, indique Danielle, 35 ans, chargée des reportages pour le diocèse de Lyon. « Les JMJ, c'est un moyen pour remettre en marche une foi qui est un peu en veille », commente Emilie, 20 ans, qui a voulu « prendre ce temps pour réfléchir ». Les jeunes Français, présents samedi à Turin, se considèrent un peu comme l'avant-garde des 60 000 jeunes Français attendus à Rome pour les XVèmes Journées mondiales de la jeunesse. Dès lundi ils reprendront leur chemin vers la ville éternelle.
Venus du monde entier, des milliers de jeunes convergent vers la place Saint-Pierre à Rome.
AFP











