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L’ŒIL D’HORUS

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Les nouveaux " yeux " de notre bateau, peints par Véronique , sont ceux du dieu Horus, fils d’Isis et d’Osiris et protecteur des vivants et des morts.

Nous avons rajouté une arabesque à la poupe de " Maldoror " et deux yeux à son étrave. Il s’agit de l’œil d’Horus ou œil d’Oudjat, destructeur des forces du mal qui protège les vivants et les morts (voir photo). Nos voisins apprécient, et nous font des signes amicaux.

Nous sommes désormais prêts à reprendre la mer et bien contents que " Maldo " retrouve son élément.
Un peu tristes aussi de quitter une communauté attachante, mais nos regards déjà tournés vers de nouveaux horizons.

Dans le village des "Yachties"

Crevés, après une nuit de veille passée à naviguer, nous sommes arrivés à Almérimar, à l’entrée de la baie d’Alméria, le matin du 21 juin dernier.

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Maldoror sort de l’eau, porté par un travelift, une grue spéciale pour poser notre bateau sur des bers.

Une escale technique, car le site, situé sur la "Costa plastica", n’est pas franchement le meilleur endroit pour passer ses vacances. D’immenses serres s’étalent à perte de vue sur les collines qui bordent la côte, où l’on fait pousser les fameuses "tomates d’Espagne", "fraises d’Espagne" et tous les fruits et agrumes imaginables. Un port de plaisance de 1000 places a pourtant été créé à l’entrée de la baie d’Alméria, qui connaît un franc succès en particulier auprès des "Yachties", ceux qui naviguent à longueur d’année, depuis… des années.

Ses prix d’hivernage sont particulièrement abordables, y compris l'été (moitié prix par rapport à l’ensemble des ports rencontrés sur la route). Un argument appréciable, d’autant que les infrastructures d’accueil sont modernes, la marina agréable et son personnel compétent (ce n'est pas le cas partout). En revanche, c’est une oasis entièrement artificielle, créée sur les contreforts de la Sierra Nevada au climat désertique. En hiver, il y fait particulièrement sec et chaud, autre argument de poids pour tous ceux qui recherchent la douceur de vivre.

UNE COMMUNAUTÉ HÉTÉROCLITE

Ici aussi, on trouve de tout pour réparer ou se procurer n’importe quelle pièce nécessaire au bateau. Une Anglaise installée sur son chalutier fabrique ou répare vos voiles ou toute pièce de tissu et un russe propose les mêmes services. Un grand gaillard hollandais et sa petite bonne femme vendent leurs panneaux solaires fabriqués maison, un autre regonfle vos bouteilles de gaz également à bord de son bateau, tandis qu’un polonais (dont le bateau baptisé Gdansk est apparemment la réplique d’une caravelle) lave le linge des plaisanciers de passage. En cherchant bien, on peut aussi trouver un mécano, un spécialiste du polyester ou un excellent bricoleur qui sait fabriquer des emménagements intérieurs.

Cette petite communauté hétéroclite de gens de mer vit ici depuis des mois, parfois des années. Elle a trouvé à Almérimar un coin pour se poser, l’ambiance qui lui convient. Mais le lieu mythique du port d’Almérimar, c’est le "Varadéro", son chantier qui peut accueillir jusqu’à 200 bateaux de toutes tailles, des plus beaux jusqu’aux demi-épaves…

PEINTURE ET BARBECUE AU PROGRAMME

Dès notre arrivée, rendez-vous est pris pour le lendemain matin, afin de sortir le bateau de l’eau et le poser sur des bers, pour lui refaire une beauté carénage et peinture des œuvres vives. A l’heure dite, les six tonnes de " Maldoror " se balancent sous deux sangles : moment d’émotion car c’est, en quelque sorte, tout notre patrimoine qui se balance à quelques mètres au dessus de la terre.
Rapidement à pied d’œuvre, nous travaillerons d’arrache-pied six jours durant pour décaper et poncer la coque, puis poser un antifouling, une peinture qui empêche les algues et les crustacées de coloniser la partie immergée du voilier. Enfin réaliser quelques menues réparations.
Toute la petite famille s’y met et le travail progresse bien, entrecoupé de conversations impromptues ou d’un barbecue sur la plage avec les "Yachties".
Il y a ce couple de bretons, 70 ans chacun, qui grattent et poncent la coque de leur ketch de… 20 mètres, magnifique voilier rescapé d’un échouage violent sur les côtes bretonnes deux ans auparavant. A deux pas, un parisien, Roger, profite de sa retraite de musicien classique et prend son temps: il a mis sept ans (dont plusieurs mois d’hôpital suite à une chute) pour construire son voilier, le rêve de sa vie. Plusieurs mois déjà qu’il est à Almérimar, avec une petite communauté de français qui se donnent des coups de main et boivent le verre de l’amitié ensemble.

Il y a cette famille d’Anglais, un couple et deux adolescents, qui vit depuis deux ans au " Varadero ", leur motor-boat immense échoué là au sec, et ne rêve que de retourner en Asie. Eux, cela fait onze ans qu’ils sont sur les mers.
Un autre Anglais, tout au bout du chantier avec vue sur la mer, vit sur… ce qui reste de son bateau. La rouille et le délabrement général de son voilier n’entament pas sa bonne humeur, surtout après un verre de vin. Et ils sont ainsi très nombreux, solitaires ou en couple (les familles sont beaucoup plus rares), en rupture ou en retraite, fauchés ou pleins aux as, à occuper leur place au " Varadero ". Le seul chantier à ma connaissance qui dispose d’un club de Yachties, lesquels organisent chaque fin de semaine un grand barbecue. Le principe est simple : chacun apporte tartes, salades et desserts et tout le monde partage. Quant aux boissons, elles sont à prix " club ". Et à ce jour, personne n’est parti avec la caisse, ce qui témoigne aussi de l’esprit de ces Yachties.

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En plein boulot de remise à neuf des œuvres vives du bateau.


Sur le web

  • Nautiweb,
    le site des marins sans frontières

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Maldoror vu du haut du mat. Impressionnant

 

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