| Vue panoramique de Sines,
ville-étape entre Lisbonne et Lagos. Cette cité, qui a vu naître Vasco de Gama, est
aujourdhui un grand port pétrolier. 
Le balai des dauphins à létrave du bateau
Une heureuse rencontre vient
nous sortir de la monotonie de la route : des dauphins ! Une grande première
Jéromine et Benjamin, véritablement fascinés de voir sous leurs yeux ces mammifères
marins magnifiques. Ceux-là sont adultes et leur taille est impressionnante, ils jouent
véritablement, font des sauts devant létrave, passent sous le bateau et
nous
regardent. Spectacle merveilleux.
Jéromine et Benjamin sont allongés sous le balcon avant et tentent de les toucher, nous
nous prenons des photos. Pour la première fois jentend véritablement les cris de
ces poissons. La raison est simple : jai lappareil photo en main et je
narrête pas dentendre comme un flash qui se recharge
or je nen ai
pas. Ces petits " flashs ", qui se succèdent à intervalles très
rapides, constituent les sons émis par les dauphins.
Inutile de dire que cette rencontre va alimenter nos conversations
jusquau soir, nous sommes tous ravis
|
CAP SUR SINES
(37°N57/8°W51)
Notre première grande étape en famille cest Sines,
petit port bien abrité à mi-chemin entre Lisbonne et le cap Saint-Vincent : dix
heures de navigation magnifiques qui redonnent un moral dacier à Benjamin,
Jéromine et Véronique (tandis quApolline, 7 mois, gazouille dans sa couchette).
La mer est belle avec une légère brise douest-sud ouest qui nous fait bien
avancer. Sines, cest un immense port pétrolier mais cest aussi et
surtout pour ce qui nous concerne - la ville natale de Vasco de Gama. Le port de plaisance
(bien abrité derrière une vraie digue, celui-là) est dominé par un petit château-fort
qui a dû voir partir de nombreux trois-mâts.
"25 abril, Sempre"
Nous restons là quelques jours. La veine succédant à la déveine, le
temps séclaircit et nous assistons aux premières loges au feu dartifice de
la fête nationale du 25 avril.
Une nouvelle occasion dexpliquer aux enfants ce que fut la révolution des
illets au Portugal, transition démocratique après le régime autoritaire de
Salazar.
Chaque jour je scrute le ciel et le baromètre, et malheureusement le temps se détériore
à nouveau. Nous en profitons pour louer une voiture, histoire de sillonner les routes le
temps dun week-end. Le pavé est roi au Portugal, et malgré les efforts de
lEquipement, les voiries sont chaotiques et sinueuses : je préfère la mer, au
moins on est sûr de ne pas se faire rentrer dedans
SINES-ENSEADA DE BALEEIRA (37°05N/08°W55)
Nous voilà repartis sur " Maldoror " pour passer le cap
saint-Vincent, puis cap Sagres où nous entrerons en Algarve, cest à dire le sud
Portugal. Nous nous sommes fixés comme atterrissage la petite anse de Baleeira, un
mouillage sûr. Cette fois, douze heures de navigation nous attendent. Le vent est sud-est
et nous marchons bon plein tout au long de la journée. Une fois de plus léquipage
est exemplaire, ce qui me rassure sur nos capacités à naviguer ensemble en famille,
même si les enfants trouvent le temps long malgré tout.
Nous virons le cap Saint-Vincent peu avant huit heures, puis Sagres à la tombée de la
nuit.
Tout au long de cette journée, mon inquiétude se porte vers les cirrus qui envahissent
le ciel et le baromètre qui ne cesse de chuter : pas de doute, une dépression (un
front chaud) est en train de sinstaller et je formule des prières à Neptune et
Eole pour que le vent ne se mette à forcir quAPRES notre arrivée.
Les dieux qui régissent locéan mont écouté, mais, décidément, cest
notre deuxième atterrissage de nuit : radar en route, jai pris quelques
relèvements visuels que je tâche de garder en mémoire avant que la nuit nous enveloppe.
" JENTENDS LES VAGUES SE BRISER SUR LES
ROCHERS "
Nous passons le cap Sagres au crépuscule, et Baleeira en pleine nuit bien noire.
Petite mésaventure de dernière heure avant de " jeter la pioche ",
comme on dit, nous calons le moteur de " Maldo " entre deux petits
chalutiers, alors que nous arrivons à lintérieur du mouillage. Deux cent mètres
devant létrave jentends les vagues se briser sur les rochers
Mais le
bon vieux Volvo repart au quart de tour, jarrondis face au vent, la chaine gronde
dans lécubier
Ouf, ça y est !
Mon cur peut reprendre un rythme normal, nous sommes fatigués et nous
chantons : " On est les champions
".
Une bonne nuit nous attend avant de reprendre la route. Prochaines étapes en
Algarve : Lagos, Vilamoura et la lagune de Faro, Vila Real de Santo Antonio à la
frontière ibérique, enfin Chipiona puis Séville en remontant le Guadalquivir :
suite au prochain épisode !
Textes et photos Philippe
Gammaire |

Philippe Gammaire ouvre son carnet de bord.

Sur le Web
- Nautiweb, le site des
marins sans frontières
|