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Et si on partait ?

Un soir, fin d’hiver 99, la question fuse dans le salon. Un bon feu de bois crépite dans la cheminée, le chat vient se frotter contre nos jambes, les enfants dorment et tout est bien.

Chiche, répond l’autre…

L’envie de multiplier les horizons, de changer de routine, l’envie de se lancer un défi, une envie folle, un vieux rêve qui me trottait derrière la tête et voilà comment a germé l’idée d’un congé sabbatique dans notre esprit. Mais pas n’importe lequel puisque nous avons décidé de naviguer en bateau durant un an.


"Disposer du temps"

Notre projet, au fond, est très simple: sillonner la Méditerranée, berceau de notre civilisation et de notre culture durant quelques mois, sans autre contrainte que celle du vent, de la houle et de nos envies: c’est déjà beaucoup. Nous nous sommes rendus compte que l’un des rares privilèges de l’homme moderne dans notre société, c’est de pouvoir disposer de son temps, le plus souvent calqué sur celui de l’entreprise, et plus généralement de la société (élections et impôts notamment). Nous, nous avons décidé de prendre notre temps: le temps d’être ensemble en famille, de partager les mêmes découvertes et même le temps de nous découvrir les uns les autres, sinon nous-mêmes. Il y a une grande ambition derrière cette escapade nautique, qui est avant tout une aventure humaine.

Nos précédents dossiers

Retrouvailles à Porto

Lundi 27 mars 2000, 4h30 du matin

Navigation sans éclat particulier, sinon que nous partons des iles Cies alors qu’il fait encore nuit noire et que nous passerons plus de 13h sur le bateau. Une étape pour rejoindre Porto, où nous attend Michel Mounnier.
Ce prof de maths de l’école française de Porto, je l’ai rencontré à la Corogne où il venait de convoyer – en partie seul (faute de combattants) – son First 30S, acheté à Arcachon.

Nous avions rapidement sympathisé et nous étions promis de nous retrouver à Porto. C’est chose faite : Michel nous attend au port même, nous ayant vu arriver plusieurs kilomètres auparavant alors que nous faisions route le long de la côte portugaise. Son épouse, Najia, nous rejoint au port de Leixoes (à côté de Porto).

Au menu de cette soirée de retrouvailles: restaurant sur les bords du Douro, Vinho Verde et visite touristique de Porto. Merci Michel pour ton accueil enthousiaste. Très prochainement, à son invitation nous donnerons (toute la famille Gammaire), une conférence aux élèves de l’école française de Porto pour leur expliquer notre périple futur, qu'ils peuvent visualiser sur le site de "L'Alsace".

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La tour de Bélem à Lisbonne, devant laquelle passèrent tant de navigateurs partis à la conquête du monde.

En retour, ces élèves sous la conduite de Michel, tâcheront de nous envoyer régulièrement par e-mail les prévisions météo à plusieurs jours, selon la région où nous nous situerons. Une aide précieuse pour nos navigations futures.

PORTO-CASCAIS-LISBONNE (38°N42’/ 09°W25’)

Mercredi 29 et jeudi 30 mars 2000

Rien à dire sinon que nous avons réalisé une navigation de nuit bien tranquille, puis le lendemain passé les iles Berlingues et le banc de Farilhoes, nous avons étalé une dépression (des vents de sud-ouest) durant trois heures avant que le vent ne tourne subitement au nord/nordet. Avec le vent arrière et la houle de face le bateau, fait des bonds mais nous rattrapons nos heures passées au près par des surfs à… 9,5 nœuds : Rock’n roll !

Nous arrivons enfin à Cascais, nouvelle marina de la banlieue chic de Lisbonne, à l’entrée du Tage. Nous décidons d’y passer la nuit pour remonter le fleuve dans la lumière et pouvoir admirer le pont du 25 avril et la tour de Bélem de jour.

Le port d’Alcantara, au pied du Vieux Lisbonne, est certes bruyant mais pratique pour accéder en ville. Ca y est, le prologue s’achève, le voyage peut véritablement commencer : mes équipiers doivent rentrer : Eric à Genève où il va retrouver sa banque, Denis à La Rochelle et Pierrot à Scaër (finisterre sud) où il profite d’une retraite bien méritée. Une formidable ambiance a régné durant ces dix jours sur Maldoror, nous avons parcouru près de 500 miles nautiques et une page se tourne. Véronique et les enfants arrivent en avion par le prochain Paris-Lisbonne, l’aventure va véritablement démarrer. Suite au prochain épisode…

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Passage symbolique devant la tour de Belém pour Philippe Gammaire, sur le Tage à Lisbonne.

  • Textes et photos Philippe Gammaire


Sur le Web

  • Nautiweb, le site des marins sans frontières
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