Le poids, c'est l'ennemi. Faisant sien ce précepte, Audi a imaginé l'A2, une compacte tout en aluminium et passablement guindée. Reste à faire passer le message. Et le prix.
LES MONOSPACES compacts sont dans l'air du temps. Peut-être bien les vedettes de demain, fossoyeurs annoncés de la berline à papa, quoique vérité d'un jour ne soit pas toujours celle du lendemain : qui eût dit, il y a quelques années, que coupés et cabriolets reviendraient en force ? Renault a montré -une fois encore- la voie avec son Scenic, incontestable maître à penser de la spécialité, d'autres ont suivi comme Mercedes (Classe A), Opel (Zafira), Fiat (Multipla) et Citroën (Picasso) et voici qu'arrive Audi et son A2, de loin le plus extraverti des membres de ce club encore très sélect.
Commercialisée en juillet à venir dans sa seule version essence, l'A2, ex-proto Al2 de Francfort 1997, est à la citadine ce que le coupé TT est au coupé : un superbe objet que l'on achètera d'abord, déjà, sur sa mine. Difficile en effet de rester insensible devant ce dessin énergique et quoique la poupe hautaine et balafrée d'un béquet désobligeant puisse déranger, l'ensemble fait d'un coup vieillir une concurrence moins audacieuse. Même la Classe A, qui n'a pourtant rien d'une rombière, ne sort pas indemne et il sera passionnant d'apprécier d'ici quelques années laquelle des deux a le mieux vieilli... Curieusement, l'Audi semble ne pas être plus volumineuse que la Mercedes malgré ses 25 cm supplémentaires, 3,83 m contre 3,58 m.
High-tech dehors, BCBG dedans. De l'Audi pur sucre dans le dessin, un peu moins dans les matériaux et au final une ambiance cosy-cossue exclusive dans cette catégorie où les cahiers des charges sont d'ordinaire nettement plus plébéiens. Belle planche de bord, jolis sièges, équipement soigné, on se sent bien dans cette auto taillée pour 4 personnes maxi et quoiqu'en fantasme Audi, qui propose en option une banquette... 3 places en lieu et place des deux sièges individuels et amovibles. Bien vu, le plancher creusé à l'avant des sièges arrière permet de ne pas voyager les genoux sous le menton. Très bonne garde-au-toit, y compris à l'arrière. Le coffre ? Forcément mesuré compte tenu du gabarit de l'objet, mais Audi annonce quand même 390 dm³ tous sièges en place et presque trois fois plus tout enlevé, soit nettement plus qu'une 206 aussi longue. Quoique plus courte, la Classe A fait aussi bien et elle a sa botte secrète : le siège avant passager est amovible, qui permet d'allonger d'autant l'espace vital.
Moins de 900 kg à vide : l'aluminium est son secret
L'équipement ? Pas encore défini pour la France mais probablement complet dès la base et franchement riche sur le niveau Pack mais dans les deux cas, pas de radio. Côté sécurité, ABS, antipatinage (débrayable) et contrôle de stabilité ESP sont de série. Au rayon options, on trouvera sans doute l'airbag de toit, le système de navigation (avec écran pouvant faire office de récepteur télé) et un gigantesque toit ouvrant vitré (façon 206 Roland Garros mais en mieux). Compte tenu des prix envisagés -rien en dessous de 125 000 F- Audi se devait de ne pas mégoter et, de ce point de vue, remplacer la roue de secours, même galette, par un simple bombe anti-crevaison pourra faire tousser... Donc, l'A2 fait le poids sauf sur la bascule. Moins de 900 kg à vide pour la version essence d'attaque, au bas mot 130 kg de moins qu'une Classe A, une 206 ou une Clio. Comme la grande A8, qui inaugura la technique en 1993, l'A2 exploite un châssis-caisse 100 % alu pour favoriser la rigidité et traquer le kilo superflu. Argumentaire des ingénieurs d'Ingolstadt ? Plus la voiture est légère, moins elle a besoin de chevaux pour avancer, donc de carburant, et plus elle est vive et maniable. Essence ou diesel, la puissance ne dépasse donc pas 75 ch mais au volant l'Audi offre à peu de choses près les mêmes sensations qu'une auto de 85/90 ch avec l'appétit (présumé) d'une 60 ch et la rigueur dynamique d'une vraie sportive. C'est propre, net, précis, insensible au roulis, ça freine fort et court et ça ménage relativement les lombaires. Parenthèses : les voitures d'essai étaient toutes en suspension sport (plus ferme) et roues de 16 pouces mais l'auto sera proposée en base avec un châssis confort et des jantes de 15. Sera-t-elle aussi efficace ? Pas question en tout cas d'espérer une version Quattro... Les mécaniques sont connues : le quatre cylindres 1.4 essence et le trois cylindres 1.4 TDI (pas avant 2001) déjà vus sur la Lupo et la Polo. Dans cette caisse légère et rigoureuse, ils s'expriment bien et particulièrement le premier, plein de bonne volonté et donné pour une consommation mixte de 4,7 litres. Tablons sur 6 litres. Audi promet 3,5 l pour le TDI mais ces gens-là sont des farceurs et un litre de mieux serait déjà un bel exploit et permettrait de ne pas trop souffrir de la contenance ridicule du réservoir (34 litres). Coupleux comme pas un (19,5 Nm à 2200 t/mn), ce trois cylindres est spécialement plein à tous les régimes mais tout de même un peu trop bruyant en régime de croisière. Curieusement, une Lupo ou une Polo itou équipées m'étaient apparues plus discrètes. Comme quoi...
Le style de l'Audi A2 évoque irrésistiblement celui du sulfureux coupé TT. Il y a pire référence...
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Exubérante dehors, l'A2 est nettement plus classique dedans avec une planche de bord typiquement Audi. Du travail bien fait mais des matériaux un ton en-dessous des standards de la marque. L'aménagement est bien pensé mais on est loin d e la modularité d'un Renault Scenic, il est vrai nettement plus encombrant.
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