Des terroristes libanais aux héros de la Résistance, il n'y a qu'un pas. Jean-Pierre Perrin le franchit lorsqu'il met en scène un ex-otage du Moyen-Orient auquel on confie de mettre sous bonne garde -celle des porte-flingues de 44- un chef du Hezbollah. Sur cette intrigue, Perrin mène l'enquête sur les faits et gestes réels des maquis de la 25e heure en Franche-Comté. Le livre baigne dans une atmosphère aussi glauque qu'un petit matin pluvieux de novembre et décrit une Haute-Saône perdue au fond des collines, rongée d'humidité et écrasée sous les nuages gris, chargée de rancunes vieilles d'un demi-siècle. Mélisey, Lure, Ronchamp et Belfort, on reconnaîtra au passage quelqu'abbé inspiré gardien de Notre-Dame du Haut, ou quelque personnage politique de gauche de la Cité du Lion. « Chiens et louves » est l'histoire aussi du désenchantement devant les idéologies et devant l'histoire officielle de nos campagnes juste avant la Libération. Une bonne tranche de lecture à savourer dans cette lumière d'entre chien et loup, y compris pour les amoureux de la Haute-Saône profonde.
« Chiens et louves », J.P. Perrin, Série noire, Gallimard, 270 p., 42 F.











