En
ces temps où l’échange de données
personnelles sur la toile ne connaît pas de
limites, que le téléchargement illégal
atteint des sommets et que la traque des
contrevenants du web a finalement pris un visage
législatif, le peer-to-peer (ou pair-à-pair)
tente de se refaire la cerise. Ce dispositif,
dont le principe est de permettre à deux
ordinateurs d’échanger des données sans
passer par un serveur, a ainsi connu des
fortunes diverses. Mais à Strasbourg, la société
KoffeeWare, fondée en octobre 2005 par Gilles
Pommereuil, a su prendre le bon wagon. Ce jeune
ingénieur informatique grenoblois a tout bêtement
joué le pragmatisme. « Je suis revenu de
vacances à l’Île Maurice avec un nombre
incalculable de photos, raconte Gilles. Je me
suis dit qu’il y avait quelque chose à faire
à partir du peer-to-peer pour les stocker en
toute sécurité et les partager facilement. »
Et offrir ainsi la possibilité à une bande
d’amis de mettre en ligne leurs photos au
lendemain d’une fête bien arrosée, ou encore
à des parents de garder un contact visuel avec
leurs enfants qui vivent en des contrées
lointaines…
Sans limite de stockage
«Yahoo Photos et d’autres enseignes n’ont pas résolu le problème, poursuit le directeur de la société bas-rhinoise. Les gens peuvent consulter leurs photos en résolution réduite, mais ils n’ont pas accès aux originaux en vue d’un tirage papier par exemple. Par ailleurs, si vos photos disparaissent de votre disque dur, vous ne pourrez jamais récupérer les originaux». Partant de ce constat, Gilles Pommereuil a jeté un oeil sur l’état du marché : en 2006, la croissance du tirage photo en ligne a été évaluée à 80 millions d’euros (soit + 135 % par rapport à 2005). Le créneau de KoffeeWare était tout trouvé. Grâce à son modèle de stockage sécurisé, le logiciel KoffeePhoto permet ainsi de sauvegarder et partager ses photos, dans leur résolution native, sans aucune limite de stockage, et de commander en ligne leur tirage à des tarifs particulièrement attractifs. Disponible en anglais, allemand, espagnol, français et bientôt japonais, cet album photo virtuel simple et rapide d’utilisation a déjà été plébiscité par 5 400 internautes, dont 60 % sont étrangers (Espagnols et Américains en tête). Basé sur la bonne volonté des utilisateurs à mettre à disposition de la collectivité une petite partie de leur disque dur, il jouit à ce jour de 4 000 Go disponibles, preuve que l’idée a fait son chemin.

