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Le
soleil est brésilien

Une petite erreur
de Kahn, et la Germanie a vacillé. Un
second coup de patte de Ronaldo, et la
Seleçao a chaviré. A Yokohama, les
auriverde ont, une fois de plus, fait
l'unanimité. Sacrés pour le 5è fois
en 44 ans, ils sont remontés sur le
toit du monde. Quel talent !
Champions
de l'offensive

Le rideau est tombé
hier après-midi sur la XVIIe Coupe du
monde avec le cinquième succès du Brésil
face à l'Allemagne, au terme d'une
finale pas aussi ennuyeuse que certains
le craignaient. Ce premier Mondial en
Asie s'est achevé en apothéose pour la
Seleçao, qui a confirmé sa mainmise
sur le football. Heureusement, diront
les esthètes. Car après toutes les
surprises vécues au cours du dernier
mois, d'aucuns n'hésitaient pas à déclarer
que cette finale opposait deux
formations loin du niveau de leurs prédécesseurs,
un Brésil fortement chahuté en Amérique
du Sud lors des phases éliminatoires,
une Allemagne qui ne faisait même pas
figure d'outsider en puissance à la fin
mai. Or, les deux finalistes ont montré
hier qu'ils méritaient en fin de compte
leur place à Yokohama. Certes, le Brésil
n'a pas été aussi flamboyant qu'espéré,
ses stars Rivaldo et Ronaldinho étant
transparents. Mais les coéquipiers de
Cafu, premier joueur de l'histoire à
disputer trois finales, d'affilée qui
plus est, ont montré qu'ils étaient
les seuls à posséder encore ce trait
de génie qui peut faire la différence
sur une rencontre : même le grand
Oliver Kahn, meilleur gardien du
tournoi, a fini par commettre la bourde
fatale sur une frappe de Rivaldo, ne récoltant
même pas de remerciement de Ronaldo,
redevenu le phénomène qu'il avait cessé
d'être un certain 12 juillet 1998, après
avoir été victime de mystérieuses
convulsions quelques heures avant la
finale. L'Allemagne, elle aussi, a su
hisser son niveau de jeu, livrant une
partie pleine d'allant et de culot, avec
quelques phases « brésiliennes »
autour d'un Bernd Schneider
impressionnant. La Mannschaft de l'an
2002 n'était peut-être pas aussi
talentueuse que celles de Beckenbauer ou
Völler, mais elle a exploité au
maximum ses qualités pour arriver en
finale. Car l'essence de tout sport,
c'est bien de vaincre l'adversaire en
respectant les règles. Cela, le Brésil
l'a parfaitement compris, lui qui était
encore meurtri après sa défaite face
aux Bleus il y a quatre ans.
Aujourd'hui, les champions ne cherchent
plus forcément à faire le spectacle.
Le Brésil est, lui, toujours capable de
le faire, et bien mieux que les autres.
Il a aussi compris qu'il fallait avant
tout serrer sa garde. Comme par hasard,
il termine la compétition avec la
meilleure défense, sans laquelle rien
n'est possible. Mais avec 18 buts
inscrits, dont 8 par le seul Ronaldo, il
est aussi le champion de l'offensive, de
la prise de risque, de celui qui va de
l'avant. Et ça vaut bien une Coupe du
monde.
Marc
Wilb
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