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Sale temps pour le commissaire Adamsberg

Décidément, le cinéma français aime le polar. Cette fois, c’est Régis Wargnier qui s’y colle en adaptant Fred Vargas pour «Pars vite et reviens tard».

Alors que le Truands de Frédéric Schoendoerffer est sur les écrans, que Guillaume Canet a connu récemment un joli succès avec l’hitchcockien Ne le dis à personne et qu’Alain Corneau tourne actuellement une nouvelle version du Deuxième souffle, c’est au tour de Fred Vargas de connaître les honneurs du cinéma.

En quelques romans, la romancière s’est imposée comme l’une des nouvelles reines du polar en France. Pas vraiment fan de cinéma, Fred Vargas a totalement laissé les producteurs de Pars vite… mener le film à leur guise, confiant la réalisation à un Régis Wargnier ravi de se frotter, pour la première fois, au polar et à ses codes.

Personnage récurrent de l’univers vargasien, le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg est un cas. Silencieux, volontiers mal embouché, il fonctionne plus à l’intuition qu’à la raison. Manque de bol, Camille, son étrange compagne, vient de le larguer et c’est donc un enquêteur en pleine déprime amoureuse qui s’attaque à une affaire tordue.

Car une énigme porteuse de malédiction (avec un petit côté Rivières pourpres) s’abat sur Paris. Et ça pourrait virer rapidement au cauchemar si Adamsberg ne se bouge pas fissa. Les indices s’accumulent sous la forme de signaux, des 4 à rebours, sur les portes des immeubles ou d’étranges messages lancés à la criée sur les places de la ville… Avec son équipier Danglard, Adamsberg tâtonne jusqu’à ce que les premières victimes soient découvertes. La Mort noire a frappé et le flic va devoir se fier à ses flashs fulgurants.

Œuvre de commande pour Wargnier, ce Pars vite et reviens tard fonctionne comme un jeu de piste où se mêlent des malédictions médiévales (le 4 renversé est un talisman contre la peste), des menaces contemporaines d’autant plus inquiétantes que la «maladie» semble contrôlée ou encore de lourds secrets de famille et une vengeance au long cours.

Plus que par son intrigue à rebondissements et fausses pistes, le film est intéressant par son atmosphère et notamment par sa description de Paris. Là où Luc Besson, avec Angel-A, cultivait le mythe, Wargnier s’ingénie à situer son action dans des lieux moins connotés, opposant, autour de la place Stravinski et de la fontaine de Tinguely et Niki de Saint Phalle, la modernité du centre Pompidou aux beautés gothiques de l’église Saint Merri.

Entouré d’une série de bons comédiens (Olivier Gourmet dans la violence contenue et Michel Serrault dans l’étrangeté) José Garcia campe un Adamsberg ténébreux et vaguement dépressif qui, du haut de son appartement parisien, veille comme une sentinelle solitaire sur la grande ville.

 

Pierre-Louis Cereja

  • PARS VITE ET REVIENS TARD

    Policier (France — 1 h 55) de Régis Wargnier avec José Garcia, Lucas Belvaux, Marie Gillain, Olivier Gourmet, Nicolas Cazalé, Linh Dan Pham, Michel Serrault.

     

  • Site officiel.
 


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